Laura Sinelnikow, de formation et d’expérience psychologue clinicienne. En 16 ans, je n’ai cessé de me laisser enseigner par les êtres rencontrés sur mon chemin, petits et grands, jeunes et anciens, comme par la vie elle-même et ses expériences diverses et variées.
Née avec la Joie naturelle et le plaisir de la partager ; observant et ressentant en même temps la souffrance ou les entraves de celles et ceux qui m’entouraient de près ou de loin, le métier de psychologue s’est présenté à moi comme une évidence, liée à une motivation bien précise.

En effet, entre l’enfance et l’adolescence, émergeait en moi ce désir simple mais ardent d’aider les gens à se sentir « heureux ». Très tôt, je souhaitais contribuer au bonheur des uns et des autres, car, sans doute, avais-je l’intuition que j’en possédais déjà quelques clefs.
Je voulais aider les gens à « aller bien ». Bien sûr, les études et la vie, m’ont appris que ce n’est pas si simple. Que les êtres-humains, « c’est bien plus complexe ». Que tout le monde n’aspire pas à la même chose, avec la même intensité et ne se sent pas capable non plus des mêmes choses. Ainsi, nous avons tous des limites en terme de capacités, mais le curseur n’est pas positionné au même endroit des potentiels selon les domaines.
Je dirais : « à chacun son curseur, selon les domaines. » Ceci étant dit, ces curseurs ne sont pas figés, ils peuvent largement bouger tout au long de la vie, selon notre volonté et notre engagement. Je dirais même qu’il sont destinés à bouger, c’est d’ailleurs l’un des sens de notre accompagnement. Nous évoquons là le chemin de la découverte de ses potentiels, peut-être illimités…

Vous l’aurez peut-être compris, je fais partie, depuis très jeune, des panseurs/penseurs de ce monde. Et oui, les mots parlent d’eux-même. Ils nous présentent, par eux-mêmes, à quel point panser et penser sont liés, à une lettre prêt…entre le A et le E, entre le E et le A…

Je me souviens à l’âge de 17 ans avoir visionné avec un groupe de jeunes du même âge un documentaire sur la misère du monde : famines, pauvreté, violences, guerres… dans le monde. Je n’avais pu retenir mes larmes. J’avais été profondément touchée et bouleversée. Je me souviens de cette ouverture de conscience qui s’était activée : cette sensation d’être reliée à tous les autres de manière universelle, ce chagrin d’éprouver la souffrance de ces êtres vivants, de la même espèce, de la même famille.
Sur le groupe entier, d’une dizaine de jeunes, nous étions deux à avoir manifestement été affectés. Je m’étais d’ailleurs demandée si ma réaction était normale…
Sentiment et intuition d’« être du monde ». Que l’autre, aussi différent soit-il, je m’y reconnaîs. J’ai le désir de le connaître, qu’il me parle de lui, ou d’elle, car c’est aussi parler et donc connaître, apprendre, d’une partie du monde. Quel bonheur de rencontrer de nouveaux fragments du monde. La gourmandise de la rencontre oui… Dis-moi qui tu es, je te signifirerai la joie de te connaître et l’honneur d’être liée à toi en ce bas monde, au sein duquel tu te sentiras alors le bienvenu et tu y trouveras ta place sans difficulté car tu te sentiras aimé par la même espèce à laquelle tu appartiens.

Qui suis-je ?

Peinture naïve réalisée comme une enfant en atelier Arno Stern.